Road Trip au Québec #9 : Les géants des mers

Hello les voyageurs !

Comme promis, voici la suite de notre récit Québécois. Cette fois nous t’embarquons pour deux jours de patience et de bonheurs extrêmes ! Dans notre article annexe, nous te donnons les clés pour observer les baleines au Québec, le tout sous forme d’un petit guide ( retrouve l’article ici ). Ici, nous te raconterons nos observations des géants des mers lors de notre voyage d’octobre, et te dévoilerons nos endroits fétiches pour des moments magiques en compagnie des baleines.

Le bonheur se mérite !

Nous sommes à l’aube d’une nouvelle journée au Québec, aujourd’hui nous prenons la direction des Grandes Bergeronnes ( un peu au nord de Tadoussac ). Départ tôt le matin de notre airbnb de Pointe au Pic pour rejoindre notre destinations à 1h30 de route environ. A 9h, nous naviguerons sur le fleuve Saint Laurent, pour aller de nouveau à la rencontre des cétacés, trois ans après notre première observation. Le temps n’est malheureusement pas de notre côté en ce jour de brume. Les flots sont couverts d’une épaisse couche de brouillard qui ne se lèvera que tard dans la journée. Qu’à cela ne tienne, nous embarquons tout de même sur le zodiac de 12 places, faisant pleine confiance à notre capitaine pour nous faire découvrir le fleuve d’un autre œil.  Autant te dire que l’on aurait mieux fait de nous abstenir et de rester à quai ! Cette sortie en mer fût l’archétype de tout ce qu’il ne faut pas faire lors d’une sortie d’observation des baleines. Notre capitaine ne respecte aucune règle, navigue trop vite alors que la brume est très épaisse et risque donc une collision si un cétacé venait à faire surface devant le bateau, mettant en danger les passagers et les habitants du fleuve. Il s’agace de ne pas trouver de baleines et finira par nous dire: « vous avez payé pour voir des baleines, vous verrez des baleines ! » et ce fût le cas… mais à quel prix pour celles-ci !? Au bout de 1h30 de navigation nous rejoignons un rassemblement de 6 ou 7 bateaux (dont un énorme bateau d’usine à touristes), au milieu desquels un petit rorqual essaye de s’alimenter normalement… encerclé par les embarcations. Il finira par plonger pour ressortir un peu à l’écart, aussitôt, tous les moteurs se remettent en route pour le poursuivre… Nous avons honte d’être sur ce zodiac à ce moment précis, honte de participer à ce spectacle désolant ! Nous prions pour que l’on perde rapidement la trace de la baleine, vœu qui se réalisera et qui concluera cette sortie catastrophique en terme de respect des mammifères marins et vide de toute pédagogie et/ou sensibilisation ! De retour sur le quai, nous sommes tellement sonnés par l’horreur que nous venons de vivre, que nous ne réagissons même pas… Ce n’est que plus tard que nous écrirons à la compagnie d’observation en mer et au ministère de l’écologie du Canada pour signaler le comportement des pilotes de bateau en ce jour de brume. Aucune règle de bonne conduite lors de l’observation des cétacés n’ayant été respectée ! Toutefois, nous avons pensé à toi et t’avons ramené cette unique photo …

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C’est donc avec le cœur lourd que nous sortons de cette sortie en mer où nous aurions préféré ne pas voir de baleine ! Nous prenons alors la direction du Cap bon désir. Ce centre d’observation terrestre est un spot exceptionnel ! Rien que le paysage vaut le détour : des rochers lissés par l’érosion, plongent dans le fleuve de façon abrupte, créant à cet endroit une fosse profonde. Ici les baleines longent la rive régulièrement. Nous en avons fait l’expérience en 2014 ! Alors que nous parcourions, le petit chemin forestier qui mène aux rochers d’observation, nous entendions un énorme souffle qui résonnait à travers les arbres. Courant pour rejoindre les rochers, quelle ne fût pas notre surprise de voir à quelques dizaines de mètres de la rive, l’immense caudale d’une baleine à bosse ! Elle restera un long moment a faire son « show » devant les yeux ébahis des quelques observateurs que nous étions… Magique ! Ce même jour, nous avions eu la chance de voir des petits rorquals longer la rive et un peu au large ainsi que l’immense queue d’une baleine bleue qui plongeait ! Quand on te dit que cet endroit est fabuleux pour observer les cétacés !

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Oui fabuleux, mais en ce jour d’octobre brumeux, la chance n’est décidément pas de notre côté… assis au même endroit que trois ans plus tôt, nous scrutons les eaux du Saint Laurent dans l’espoir de voir apparaître quelques belles baleines. Nous savons qu’en octobre, les populations de cétacés commencent à décliner dans les eaux Québécoises, alors nous ne sommes pas surpris de devoir patienter longuement avant de pouvoir apercevoir des géants. D’autant plus que la brume nous interdit toujours de voir ce qui se passe plus au large. Les minutes, les quarts d’heure, les demies heures, les heures passent sans qu’aucun géant ne viennent souffler à proximité de nos rochers. C’est à la fois décevant et beau, car la nature décide d’elle même ! On ne peut pas la forcer à nous offrir ce que l’on souhaite et c’est une leçon d’humilité qui nous fait du bien après la mauvaise expérience du matin.

Finalement, nous nous décidons à casser la croûte, nous sortons nos sandwichs de notre sac isotherme et apercevons, pour la première fois de la journée, une ouverture dans la brume. Quelques instants plus tard, un petit rorqual sort à quelques mètres des rochers ! Il prendra deux respirations en surface avant de replonger pour ne jamais reparaître. C’était furtif mais beau !

Nous déciderons quelques temps plus tard de quitter le cap bon désir qui se couvrait de nouveau d’une brume de plus en plus dense. Prenant la direction du village de Grandes Bergeronnes pour une petite promenade au pied de la croix qui habille la baie. nous apercevrons de très loin une nageoire dorsale d’un autre petit rorqual puis nous étonnerons de la présence de milliers d’oiseaux marins sur les rochers de la baie.

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Pour finir la journée, nous décidons de nous rendre dans le centre de Tadoussac et de faire le tour de la pointe de l’îlet, lieu de notre remariage quelques jours plus tôt. Egalement lieu de nombreux passages de cétacés à l’instar du cap bon désir. Nous n’apercevrons plus aucune baleine aujourd’hui et profitons donc du joli village sur lequel se couche un soleil flamboyant ! La baie de Tadoussac, jugée comme l’une des plus belles au monde, nous éclabousse de sa splendeur !

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Nous reprenons la route pour Pointe au Pic avec beaucoup de déception, nous espérions vivre une belle journée d’observation et finalement un mauvais capitaine de zodiac et une météo capricieuse nous on quelque peu gâché le moment. Nous nous promettons alors de faire entorse à notre journée de « repos » prévu le lendemain et de retenter notre chance afin d’apercevoir plus de géants et dans de meilleures conditions.

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Le lendemain, nous nous réveillons plein d’espoir et avons le bonheur de voir que le fleuve a réussi à chasser une partie de la lourde brume de la veille. Une épaisse couche laiteuse subsiste mais elle s’est éloignée des rives, ne recouvrant que le centre du Saint Laurent. Nous profitons donc de la douceur matinale et reprenons la route vers le nord en direction de l’embouchure du Fjord et donc de Tadoussac. En route, nous faisons une courte pause à Port au Persil où nous avons aperçu quelques jours plus tôt, des bélugas. La lumière du matin est superbe et nous profitons d’un ciel bleu azur pour prendre quelques photos, mais pas de cétacés en vue.

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Nous roulons donc jusqu’à Baie Sainte Catherine ou se trouve le traversier pour Tadoussac. La route surplombant le bras de la rivière Saguenay se jetant dans le Saint Laurent, offre un point de vue incroyable ! C’est à ce moment là que PM s’esclaffe : « béluga ! ». Il ne nous aura pas fallu bien longtemps pour apercevoir de nouveau le dos blanc éblouissant ressortir des flots. Nous sommes loin, même très loin mais il est toujours fascinant de voir de tels animaux dans leur milieu naturel.

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Après avoir perdu notre ami béluga de vue, nous empruntons enfin le traversier pour rejoindre Tadoussac. Ayant déjà attendu quelques bonnes heures la veille au cap bon désir, nous décidons de rester plus a proximité du centre et nous dirigeons vers les très réputés Dunes du village. Ne connaissant pas les entrées exactes pour accéder aux montagnes de sables, nous roulons un moment puis finissons par nous engager dans un chemin à notre droite ou une immense flaque d’eau finira par nous barrer la route. La pensant peu profonde nous décidons de la traverser… Et bien heureusement que PM avait pris de l’élan car la voiture s’enfonça plus que prévu dans l’eau boueuse, nous faisant une belle frayeur ! Sans conséquence fort heureusement 🙂

Puis, enfin, nous trouvons l’entrée menant à la haute dune qui surplombe le fleuve. Le paysage est grandiose, les couleurs d’automne se mêlent parfaitement à la lumière si particulière des matins du nord Québécois. Nous restons un moment à contempler le paisible fleuve qui s’écoule à nos pieds, sans un bruit (la saison des observations en bateaux sur le fleuve s’étant clôturé la veille). C’est paisible et ressourçant ! Toutefois, nous n’apercevons pas de baleines.

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De retour dans le centre de Tadoussac nous décidons d’aller nous acheter de quoi manger sur la plage ce midi. Puis nous nous installons sur une table face à la baie en compagnie d’un petit chat mal en point que nous nous efforçons de satisfaire en le nourrissant un peu de morceaux de sandwichs. Il nous remerciera à sa façon en nous suivant un bon moment.

Dans l’après midi, nous désespérons de ne toujours pas de cétacés et en profitons donc pour faire quelques emplettes en nous disant que l’on ferait bien un dernier tour sur la pointe de l’îlet pour clôturer la journée et ancrer définitivement dans nos mémoires le rocher noir où Martin nous a marié quelques jours auparavant ( voir le récit de notre mariage au Québec ici ).

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Finalement, nous décidons de faire ce dernier petit tour sur l’avancée de roche que constitue la pointe. Marchant le long du chemin qui en fait le tour, nous scrutons le fleuve, toujours dans l’espoir d’apercevoir un dos surgir…. mais rien. Puis le chemin prend une courbe et s’enfonce un peu dans un massif boisé avant de ressortir en bord de fleuve quelques dizaines de mètres plus tard. C’est en sortant du petit bois qu’on remarque que quelque chose a changé dans le paysage… Un petit attroupement s’est  formé sur un rocher, à une centaines de mètres de nous. Puis tout à coup, un dos noir a fendu les eaux, laissant apparaître une nageoire dorsale en crochet. c’est un petit rorqual ! Et il est en alimentation ! Durant un long moment, le géant de presque 10 mètres restera là, devant nos yeux, à se nourrir. Effectuant des sauts hors de l’eau, bouche grande ouverte pour avaler ses proies. L’instant est d’une magie sans pareille ! Après tant d’attente déçue, nous voilà enfin face au plus beau spectacle au monde, face à notre passion, comme si le destin nous disait: « vous n’alliez pas partir sans voir ça tout de même !? Bravo pour votre patience ! ». Incroyable offrande de la nature !

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C’est le cœur empli de ces belles images que nous prenons donc le chemin du retour vers Pointe au Pic, profitant une dernière fois de l’exceptionnel panorama sur le Fjord offert par le court trajet en traversier. Nos esprits vagabondent encore au souvenir du spectacle fabuleux auquel nous venons d’assister, lorsque nous arrivons au croisement menant à Port au Persil. Nous décidons d’y faire un dernier crochet afin de s’imprégner une dernière fois de la beauté de la petite bourgade et de son ouverture sur le fleuve.

Nous nous garons sur la jetée, comme à notre habitude et profitons des couleurs de feu provoquées par le déclin du jour. Tout semble s’embraser dans des nuances oranges et violettes, au dessus du fleuve d’un bleu irréel.

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Puis arrive cet instant magique qui fera chavirer nos sentiments !

A quelques encablures du quai, nous apercevons une vague blanche qui se détache des flots. Puis une seconde, une troisième, une quatrième… Plus de doutes, nous sommes face à un troupeau de bélugas ! Ils refont surface devant nos yeux, environ toute les vingt secondes. Ils nagent en faisant de larges cercles autour d’une zone précise, ils sont en alimentation ! Ils sont une bonne dizaine à nous offrir leurs dos blancs de neige. Sortant nos jumelles pour mieux les observer, nous nous rendons rapidement compte que des dos gris accompagnent les larges animaux immaculés… Ce sont des petits ! Trois en tout ! Qui nagent au contact de leur mère, presque collés à leurs flancs. L’émotion monte en nous, un bonheur pur et admiratif. Les bélugas nous offriront le cadeau de leur présence durant un long moment…

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Puis, venu de nulle part, un son puissant perça le paisible ressac des vaguelettes du fleuve. Devant nous, un dos noir émerge des profondeurs, large, noire, puissant. Le temps d’un instant le doute s’empare de nous… Serait-ce une baleine à bosse ?  Tout laisse à penser que oui ! Il pourrait s’agir d’un jeune individu, vu la taille du cétacé que nous contemplons. Un dos bien noir surmonté d’une nageoire dorsale courte et bossue caractéristique de l’espèce, fait surface toute les dix à quinze secondes. Sautant sur nos jumelles pour voir de « plus près » les détails anatomiques du cétacé, nous nous rendons finalement compte qu’il s’agit d’un petit rorqual dont l’aileron caractéristique a été abîmé ( collision avec une hélice, attaque d’orque…? ). L’espèce est beaucoup plus petite que ses cousines à bosses ( 7 à 10 mètres contre 14 à 17 ) mais nous sommes face à un très bel individu, d’une taille trompeuse au premier abord. L’absence de souffle visible, la largeur de son dos et ses flancs grisonnants, auront cependant raison de son déguisement 😀 Nous ne verrons pas de « grandes baleines » cette année, mais loin d’en être déçus, nous profitons des moments inoubliables que nous offrent Bélugas et petits rorquals. Oui ! Petits rorquals au pluriel, car deux autres cétacés de l’espèce ne tardent pas à se dévoiler, eux aussi. Complétant un tableau idyllique pour les passionnés que nous sommes ! Tour à tour nous entendons leurs souffles se répondre puis les voyons plonger avant de refaire surface quelques secondes plus tard. Nous sommes encerclés de cétacés ! Notre bonheur est à son comble !

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Notre « détour » par Port au Persil se sera transformé en une chance formidable, récompensant notre patience lors des deux derniers jours. Nous ne pouvons que croire en une belle récompense de l’amour que nous portons aux géants des mers et de l’infini respect que nous avons envers eux !

Nos observations terrestres auront été fabuleuses ! Preuve qu’il n’est pas essentiel de participer au business de Whale Watching pour admirer ces immenses animaux.

En reprenant la route, nous prenons le temps de nous arrêter sur les hauteurs de Port au Persil pour admirer une dernière fois le fleuve de plus haut. Les dos blancs des bélugas continuaient de briller aux rayons du soleil couchant, les petits rorquals, eux, avaient déjà repris la direction du nord.

De retour à Pointe au Pic, nous allions faire un dernier petit tour sur le pont et la jetée, avant de renter à l’airbnb pour boucler nos valises. Demain nous prendrons la direction de Montréal  et donc d’une longue route ! C’est avec délice que nous profitons du coucher de soleil et de la présence de deux phoques gris qui jouent dans le petit port. On aimerait arrêter le temps, ou le remonter, mais d’autres aventures nous attendent !

 

Rendez-vous à Montréal cher copain voyageur, pour de nouvelles aventures hautes en couleurs !

 

 

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Nath dit :

    Merci pour cet article. Nous partons la bas cet été et avions prévu une balade en zodiac pour voir les baleines. Hors de question après avoir lu ça à moins peut être de le faire en kayak…à force que les gens désertent peut être prendront ils les bonnes mesures ? En tous cas merci 😊 nous aurions mal vécu également ce sentiment d intrusion…quand on ne sait pas on est excusés maos maintenant qu’on sait…C est un choix ! 😊

    Aimé par 1 personne

    1. lebontrip dit :

      Bonjour, Nath. Nous ne déconseillons pas totalement de faire une sortie en zodiac mais nous conseillons d’être vigilant sur la compagnie choisie et de ne pas hésiter à signaler au capitaine tout manquement au règlement. Le Kayak est effectivement une belle solution nos yeux ! Mais la meilleure reste l’observation terrestre avec une bonne paire de jumelles 😉

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