Road trip au Québec #6 : L’acropole des Draveurs

Allô copain voyageur, lecteur, randonneur, rêveur, raton laveur (cherche l’intrus ! 😀 ). Absolument ravis de te retrouver aujourd’hui pour te faire suivre une nouvelle aventure Québécoise. Et quelle aventure !? Prépare ton souffle, ton courage, tes chaussures de rando … et met tes pas dans les nôtres ; nous partons pour une journée très sportive ! Nous te proposons d’arpenter les sentiers du parc national des hautes gorges de la rivière Malbaie, et plus précisément, de l’emblématique et légendaire tracé de l’Acropole des Draveurs ! Ready to go ? Alors go ! (our franglish is parfait ! you can voir ça! 😀 )

Bienvenue dans les grands espaces !

Le Canada est certainement le pays le plus réputé pour ses grands espaces naturels, et cette réputation n’est pas galvaudée !

Rien qu’en prenant la route du rang qui te mène à l’entrée du parc, tu pourras te rendre compte de l’immensité de la nature Québécoise. Profonde, sauvage, préservée… elle berce chaque côté de la belle route tracée à travers la forêt et les reliefs. On s’attend à tout moment à voir traverser un ours, un orignal, un porc-épic … pas de bol pour nous ce jour là mais le paysage se suffit déjà à lui même.

Bientôt la route laisse apparaître de hautes falaises qui bouchent totalement l’horizon. Leur masse est impressionnante et nous savons que dans quelques heures seulement nous arpenterons le sommet de l’une d’entre elles. Pour l’instant ce sont les nuages qui profitent des cimes montagneuses, s’y accrochant comme de la barbe à papa sur son bâton. Une fine pluie d’automne tombe sur le pare-brise de la voiture quand nous arrivons au centre de renseignement du parc ; pas de quoi entamer notre enthousiasme et notre impatience de commencer l’ascension. .. même les 8,50$ CAN ne freinent en rien notre joie matinale.

Nous reprenons la route qui serpente dans le parc pour rejoindre le parking du camping du pin blanc d’où part le sentier de l’acropole des Draveurs. Nous arrivons aux alentours de 9h30, stationnons la voiture et nous rendons compte que nous ne sommes que très peu nombreux à être présents sur le site. Encore une fois, notre levé matinal nous permet d’avoir le privilège d’échapper à la masse touristique des heures d’affluence. C’est un conseil valable pour chaque destination, cher copain voyageur. Lève toi tôt, tu auras le monde rien qu’à toi (ou presque) !

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Nous ajustons notre équipement, vérifions la présence de nos encas et de notre repas du midi dans le sac à dos, accrochons les bâtons de randonnée aux sangles prévues à cet effet, resserrons nos godasses… (les points de suspension veulent dire : pause pipi 😀 ) puis traversons la route pour rejoindre le point 0 du sentier. Nous y sommes, cette randonnée que nous rêvons depuis des mois, va commencer ! Nous la savons difficile physiquement et même moralement pour certaines personnes, mais nous sommes dans une euphorie complète au moment de faire nos premiers pas sur ce qui est certainement le plus beau chemin de rando du Québec.

Pour te donner un ordre d’idée de la difficulté de cette randonnée, voici quelques chiffres plutôt explicites :

  • Dénivellation positive: 800 mètres
  • Sur « seulement » 11,2 kilomètres de parcours
  • Sommet à 1048 mètres d’altitude
  • Temps de marche aller/retour : entre 4 et 6 heures
  • Perte moyenne de température au sommet : -10°C

Tu vois, on ne te ment pas quand on te dit que cette randonnée est compliquée. Alors si tu n’es pas préparé à ce genre d’effort, tu vas devoir en baver pour nous suivre sur les chemins caillouteux et terreux qui mènent au sommet 😉 Mais comme nous sommes super sympas, nous allons (pour toi) prendre notre temps pour tout te raconter, que tu « vois » tout et que tu profites un max de la beauté de la nature 😉

Le début du sentier longe un petit torrent qui se faufile dans les sous bois touffus, tombant en de petites cascades par endroit ; se frayant un chemin entre les énormes rochers tombés de l’amont ; créant des bassins où l’eau tournoie, emportant dans son mouvement, les feuilles mortes de l’automne qui tanguent alors comme des navires dans la tempête. Le bruit de l’eau trébuchante renvoie comme un écho, le clapotis des fines gouttes de pluie qui tombent sur la canopée. Les treize degrés Celsius de l’air enrobent le tout d’une relative douceur, très agréable.

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Assez vite, le chemin de terre laisse place à un sol rocailleux et qui commence à monter « sec » ! De grands « escaliers » faits de rochers, permettent de franchir rapidement de grands dénivelés à flanc de montagne. A la fin du deuxième kilomètre d’ascension, les cuisses chauffent déjà… une belle mise en jambe donc ! 😉 Rapidement, le bâton de marche devient notre meilleur pote, soulageant l’effort demandé à nos genoux, cuisses et autres chevilles.

L’effort est important mais le paysage qui nous entoure en soulage les effets. Souvent, le sentier, qui se glisse entre les arbres, s’ouvre sur la vallée en contre-bas, offrant des vues impressionnantes de beauté. Malgré le temps gris qui persiste en ce milieu de matinée, le soleil perce par endroit et éclaire par tâches, la cime des arbres dorés par le mois d’octobre. Ces ouvertures sur le paysage, permettent de récupérer avant de se remettre de nouveau en chemin vers le but final qu’est le sommet. Bientôt, les arbres se font moins denses, les caduques laissent place aux épineux et la température baisse légèrement (10°C environ). C’est le moment que nous choisissons pour faire une petite pause ravitaillement ! Canneberges séchées, petits biscuits et une bonne lampée d’eau derrière la cravate 😀 et nous sommes prêts à entamer le dernier kilomètre et demi qui nous sépare de notre but. Ce petit arrêt peut paraître superflu, mais il permet vraiment de ne pas subir la montée, nous te le conseillons donc vivement 😉 On te conseille également de chercher sur les troncs des sapins, ce qui ressemble à des boursouflures, perce en une et goûte à la sève qui s’écoule alors ! Nous avons appris à profiter de cet élixir très énergétique lors d’une sortie en forêt avec un trappeur et autant te dire que ça te met un bon coup de fouet 😀 (attention c’est très amer au début, ensuite la sève laisse un goût d’orange très agréable !). A tester !

Nous voilà à quelques centaines de mètres du premier sommet, la température a chuté brusquement, elle ne doit pas dépasser les 4/5°C. Heureusement, bien couverts et à l’abri du vent nous ne ressentons pas trop le froid. Et puis, nous sommes dans un tel état d’impatience de découvrir la vue exceptionnelle qui nous est promise que rien ne semble pouvoir nous atteindre. Puis, vient le moment magique, où un petit panneau planté à la sortie d’un bosquet d’arbustes, nous indique que nous sommes en haut. Nous avons atteint l’endroit que nous rêvions depuis des mois ! Le tout, après deux 2 heures 30 d’une ascension exigeante mais magnifique.

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Heureux de notre « exploit », nous sortons de la couverture offerte par les sous-bois et sommes saisis ! Un vent intense souffle sans discontinuer sur le sommet. La fraîcheur agréable que nous ressentions dans la forêt, se transforme en un froid mordant sur les grands espaces rocheux sur lesquels nous évoluons à présent. La température chute d’un coup, le ressenti doit friser avec des valeurs négatives. La nature s’offre dans son côté le plus sauvage, le plus brut, presque hostile. Cette météo ne nous fait pas de cadeau, le simple fait d’enlever nos gants, nous fait rapidement le regretter 😀 mais c’est un vrai plaisir de vivre cette expérience froide du sommet, presque seuls (nous sommes 8 personnes à ce moment de l’aventure à « explorer » l’endroit).

Oui c’est un vrai plaisir ! Car l’acropole des draveurs sait récompenser ses courageux ascenseurs! Et de quelle façon !?

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Ici le Québec offre l’un de ses plus beaux panoramas ! Une vue vertigineuse sur toute la vallée en contre bas… très en contre-bas… 800 mètres sous nos pieds. Un « balcon » naturel que le temps a creusé dans la falaise, permet de s’approcher au plus près du précipice. Nous prenons bien sûr place sur celui-ci et là ce produit un miracle visuel ! Debout sur cette falaise, fixant la montagne d’en face, le temps d’un instant, tu sembles planer, devenir un aigle qui survole ce paysage quasi originel. Rien d’autre que la nature et sa beauté ne peut occuper ton esprit, tu es saisi, transi, envoûté par le lieu. C’est si beau ! Les arbres jaunes tapissent le fond et les flancs de la vallée dans laquelle s’écoule la rivière Malbaie qui bientôt ira rejoindre le grand cours du Saint Laurent. Au milieu des falaises, d’immenses cascades dévalent les parois, les lacs se lovent dans les creux des montagnes, les bruyères roses tapissent les sommets. C’est si beau, que s’en est presque indescriptible ! (nous nous en rendons compte en tapant ces mots…).

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Le second sommet se trouve à 300 mètres de là. Le chemin qui y mène passe alors au milieu d’une flore exceptionnelle ! En effet, nous crapahutons au milieu d’une végétation considérée comme Arctique ! L’acropole des draveurs est un endroit unique, aussi grâce à cela, car c’est l’endroit le plus au sud où il est possible d’observer une telle végétation. Alors autant te dire qu’un immense respect s’impose quand on traverse ces lieux (de toute façon des panneaux indiquent les limites du chemin autorisé). Ce bijoux naturel est à chérir, protéger, respecter car sa beauté n’a d’égal que sa fragilité. C’est aussi un maillon essentiel de la biodiversité, car les plantes qui constituent cette flore arctique, constitue le petit plat préféré des légendaires Caribous, qui sont couramment observés ici ! Ouvre l’oeil 😉

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Arrivés au second sommet, nous avons droit à un beau cadeau de dame nature ! Les nuages commencent à se dissiper et nous offrent enfin de larges éclaircies qui illuminent le paysage. La beauté de l’endroit devient alors irréelle ! Tout flamboie, brille, se colore…

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L’heure de midi est entamée et nous commençons à ressentir le besoin de croquer à pleines dents dans nos délicieux sandwichs au Tofu que nous avons dans le sac à dos. Nous convenons de parcourir d’abord les 400 derniers mètres qui nous séparent du troisième et dernier sommet. Ce plus haut sommet qui culmine à 1048 mètres ! Nous avalons ces dernières centaines de mètres, montons sur le point le plus haut en escaladant les énormes rochers qui constituent maintenant le sentier, puis faisons le tour du dernier sommet. C’est là que nous tombons face au paysage parfait pour se poser le temps de notre repas de midi. Face à nous, deux lacs offrent leurs eaux paisibles aux reflets des nuages. Entourés de sapins et de végétation arctique, ils dessinent un décor de rêve. Nous posons nos affaires, après avoir trouvé deux rochers en forme de sièges protégés du vent car posés derrière de gros rochers. Nous nous asseyons et profitons de la plus belle vue que nous ayons jamais eu pour un déjeuner !

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Malheureusement, tout très bel endroit connait ses heures de pointe et l’acropole n’y échappe pas. Notre choix de partir tôt s’est avéré plus que judicieux car nous avons pu profiter de ce lieu unique qu’en compagnie de quelques randonneurs. Mais, arrivé aux environs de 13 heures, la masse de visiteurs se déverse sur le sommet, ce qui a pour conséquence directe, d’enlever au lieu de son calme. Nous décidons donc de prendre le chemin du retour, croisant alors des dizaines de personnes fraîchement arrivées au sommet. Le petit nombre de 8 personnes quand nous sommes arrivés, c’est maintenant transformé en au moins 100 à 150 personnes. C’est sans regrets donc, que nous entamons la descente. D’autant plus que le soleil est, cette fois, bel est bien de sortie et que chaque pose se transforme en un moment de contemplation intense ! Les quelques photos qui suivent en sont de beaux exemples !

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Deux petites heures sont nécessaires pour regagner le point de départ, l’esprit encore tout embué de toute la beauté admirée lors de cette grande journée de randonnée. La plus belle de toute notre vie !

Nous repartons donc du parc national des hautes gorges de la rivière Malbaie, le coeur rassasié des plus beaux atouts de la nature. Une fois rentrés à pointe au pic, nous profitons d’un peu de repos, d’un bon café chaud puis d’une belle balade au bord du fleuve. Là, nous croiserons le chemin (de fer) du mythique train de Charlevoix qui longe la côte de cette belle région. Enfin, la nature, non lasse de nous régaler de ses splendeurs, nous offre un coucher de soleil à tomber !

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Nous allons te laisser là en attendant notre prochaine aventure, qui, on te le promet, risque de t’émouvoir autant qu’elle nous a émus. Ne la rate surtout pas ! Tu verras, elle sera pleine d’amour et d’émotions.

Bisous copain voyageur !

 

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Super blog. Je viens du forum du routard, et lire vos articles donnent encore plus envie de se rendre au québec. Pas mal des randonnées que vous avez faites sont trop sportives pour nous car nous aurons des enfants encore petits, mais ca donne un bel aperçu.

    Aimé par 1 personne

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